Publié dans: Jambon-beurre

Octobre en slip

Je prenais mes jambes à mon cou, encore une fois… Les voitures bien alignées sur leurs emplacements tachés d’huile, déclinaient autant de couleurs que mes foulées avaient de pas.
Laquelle pourrait m’accueillir sous sa carrosserie encore chaude ? Laquelle m’épargnerait du martinet ?
Je m’égratignais le dos, les coudes et les talons sous un 4×4 que je voyais pour la première fois.
Imposant et rassurant, il me protégerait de l’homme qui arrivait doucement, sûr de lui, accompagné du bruit des savates et d’un sourire à la voisine qui tenant son rideau du bout du doigt me scrutait d’un oeil.
Etendu sur le macadam graisseux, noir de vidanges sauvages, j’aurais voulu que le moteur résonne et m’emporte, me fasse glisser jusqu’à l’immensité de la mer.
Je me rappelais qu’au bout de la rue, il restait deux ou trois chaises auxquelles j’avais arraché des barreaux, j’avais matraqué dur le dos d’un rival de la rue d’à côté – le vieux n’échapperait pas à ma colère, j’attraperais le dernier bâton – bois contre bois, à armes egales. J’étais sûr de vaincre, si ce froid qui avait eu raison de ma peur ne me contraignait à céder à la voix de mon père.

Publié dans: Chanson

Guerrière en mp3 par Fuckin junky rabbit

http://blip.tv/file/get/107ans-essai47183.mp3

Publié dans: Chanson

J’aime tes trous en mp3 par Fuckin junky rabbit

« J’aime tes trous »
J'aime tes trous mp3

Publié dans: Flash spécial

Guerrière

Même si je te dis que toi femme émue et fragile, chaleureuse et sensualité de chair garnie, Éden de passion, ta bouche est l’Atre, le fond de ton ventre mon boudoir orgasmique.
Tes lèvres, la dernière lame de fond qui m’échoue au pied du sable brulant de l’ardeur s’évaporant dans le ciel rouge.
J’allais rester là, au seuil de la solitude, frappé par la passion glacée qui allait m’accueillir.
Il faisait froid entre ton corps et le mien.
De légers bruits motivés par des attitudes nostalgiques me donnaient envie de fracasser cette porte, d’y mettre le feu, d’incendier les quelques mètres que tu m’offrais; la distance d’un grand matelas où les invitations font rage et rendent fou du besoin de pénétrer l’atmosphère liquide, les larmes de ton bassin indomptable, sculpté dans la mollesse d’un animal sauvage .. De la sueur de sirène.
Pas de cris, beaucoup de lecture, un désir ardent et des nuées de souvenirs sensuels qui m’assaillent. Je m’étale, vaincu par ce qu’il me reste de ton corps, des livres entiers à ne voyager que du regard, l’Australie, ton pays ma mexicaine, où tes seins lourds sont gorgés de sensualité tropicale et ton regard fusille comme une Guérillera de la Sierra Madre.
Mère de mon fils, tes fesses ont la moiteur des pays de l’indépendance – marquée au fer incandescent – sur tes reins : « Sur mon corps j’écris ton nom, hijo de puta mi amor ».

Publié dans: Channelling

Dans les faux pas d’un passant

Nous avalions des kilomètres.
Dans ce caniveau végétal, ce long bandeau de pelouse teinté au gaz d’échappement et nourris aux mégots, nous marchions pendant des heures à la recherche de tickets-service, d’une attestation…

Nous ferions l’amour le soir même sans être passés à la douche – perles aux ventres, poussière séchée aux lèvres puis paquet de gâteaux au balcon d’un meublé instantanément notre.
Une plongée vers un but si durement acquis : sortir de là pour ailleurs et laisser une empreinte dans le lit, dans l’air « LOVE WAS HERE ».
Qui aurait cru qu’elle partirait avec un fils à papa tristement banal ?
Longtemps, le cœur dans mes baskets, j’allais parcourir des tronçons  fréquentés par des voleurs de cigarettes et de chaussures chaudes…
Dans leurs cœurs à eux, la grisaille de Paris, la moiteur du métro, beaucoup d’alcool et des blessures d’amour en pagaille à en éclater les canettes de bière sur les pas des passants.

Publié dans: Channelling

Un indien navajo n’a pas d’odorat

Des bien-pensants, des amateurs de modélisme, des commerciaux, des magasiniers, tels étaient les frères que je m’assignais tête baissée.

Je buvais des verres, riais pour faire plaisir, jouais en groupe au quinté, regagnais ma prison.

Le soleil n’avait plus la même allure, il s’éteignait brusquement et c’était la nuit – une étoile dans le lampadaire, un fleuve dans le caniveau – je tentais de trouver du beau dans cette belle saloperie pendant le trajet jusqu’à chez moi.

La promenade et ses vendeurs à la sauvette, ses gens sans sel, mutaient de places en choisissant leurs jours pour happer mon regard ou me laisser face vers trottoir, toujours le même – La loterie de la mort quotidienne.

J’ouvrais la porte de mon appartement, ma chienne avait chié partout, bouffé sa merde, attaqué les murs et hurlait à la mort.

Folle et insoumise.

J’étais chez moi.

Le parquet craquait, grignoté ça et là par l’acidité de l’urine, les odeurs de litière du chat flippé et toujours perché sur un meuble scrutant le moindre geste, ajoutait une touche de persécution fauve.

Il fallait que je m’évade de cette puanteur ambiante.

Derrière la benne, Diego souriait en fredonnant une chanson gitane.

Il enchaînait les cagettes et  les sacs poubelles emplis de tripes de poisson, de socca et d’huile d’olive rance.

Je peinais à le suivre.

« On s’habitue ! » Avec son rire fracassant et sa voix cassée.

Diego était le meilleur chanteur du marché, l’œil perçant, une tête d’indien navajo et aveuglément amoureux de ses 7 enfants.